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Loisirs

Rencontrez le binturong : une espèce animale en B souvent méconnue

Binturong reposant dans un arbre luxuriant de forêt

Un animal qui sent le pop-corn, ce n’est pas un canular ni une curiosité de laboratoire. C’est le binturong qui, sans faire de bruit, hante les forêts épaisses d’Asie du Sud-Est. Pourtant, son nom s’efface trop souvent derrière ceux des tigres, orangs-outans ou éléphants. Sa silhouette passe inaperçue, même là où il tente encore de survivre.

Classé vulnérable d’après l’Union internationale pour la conservation de la nature, le binturong voit ses rangs diminuer année après année. Les études à son sujet progressent à pas comptés, freinées par le manque d’observations directes et l’absence de suivi scientifique régulier.

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Qui est vraiment le binturong ? Portrait d’un mammifère hors du commun

Le binturong (Arctictis binturong) cultive l’art de passer inaperçu. Avec sa démarche nonchalante et sa carrure trapue, il a hérité du surnom de chat-ours, un titre trompeur puisqu’il n’est ni félin, ni ursidé. Son appartenance à la famille des Viverridae le rapproche en réalité des civettes et des genettes, loin du star-system animalier.

Le détail qui retient l’attention, c’est sa queue : d’une force remarquable, elle lui sert à s’accrocher, grimper, se diriger dans la canopée comme un véritable membre supplémentaire. Le pelage noir profond, la tête toute ronde, les oreilles ourlées de blanc lui donnent une bouille singulière, impossible à confondre avec un autre animal d’Asie du Sud-Est. Grâce à une mâchoire robuste et une dentition éclectique, il adapte sans effort son régime à ce que lui offre la forêt, profitant là où beaucoup n’y parviendraient pas.

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En France comme dans le reste de l’Europe, le binturong demeure une rencontre exceptionnelle. Seuls certains parcs zoologiques, à commencer par la ménagerie du Jardin des Plantes à Paris, offrent la possibilité d’observer cet animal. On tente d’y reproduire la richesse de son environnement naturel à travers des enclos denses et aménagés en hauteur. Il faut souvent être un visiteur averti pour remarquer son manège discret parmi les feuillages.

La vie sociale du binturong réserve aussi des surprises : chaque individu possède une forte personnalité et la cohabitation réclame un suivi attentif. Les zoologistes observent avec une grande précision l’organisation des groupes reproducteurs afin de mieux cerner comportements et besoins spécifiques. Les passionnés le disent : apercevoir un binturong, c’est remettre en question tout ce qu’on croit savoir sur les animaux méconnus.

Un habitat fragile : où vit le binturong et pourquoi son environnement est unique

Le binturong occupe un territoire immense, morcelé à l’extrême. On le retrouve dans la densité étouffante des forêts d’Asie du Sud-Est, jusque sur les îles lointaines de Nouvelle-Guinée. Peu importe que la forêt soit primaire ou secondaire, seul compte pour lui un couvert d’arbres immenses, un fouillis de lianes, une canopée touffue où il peut avancer à l’abri des regards.

Il s’installe du nord-est de l’Inde jusqu’au Bhoutan, traverse le Népal, la Birmanie, la Thaïlande, le Laos, le Vietnam, la Malaisie et gagne les archipels de Palawan, Java, Bali et d’autres îles. À chaque recoin, il s’adapte : humidité omniprésente, arbres géants, abondance de fruits. On comprend vite : sans ces ingrédients, le binturong ne trouve pas sa place.

L’érosion de l’habitat, c’est sa véritable menace. Impossible pour lui de se contenter de fragments de forêt ou d’alignements d’arbres isolés. Dans les zoos, le pari consiste à reconstituer cet environnement complexe : végétation compacte, structures suspendues, plateformes variées en hauteur. Par exemple, au Jardin des Plantes ou au zoo de Doué-la-Fontaine, les visiteurs devinent à travers ce type d’installation la réalité de sa vie aérienne.

Quelques grands types de milieux caractérisent ses repaires et les enjeux qu’ils posent :

  • Forêts primaires : densité de la vie, microclimat très stable
  • Forêts secondaires : ressources moindres, nécessité de composer avec plus de concurrents
  • Îles comme Java ou Palawan : groupes isolés, risques liés à l’enclavement

À mesure que ces habitats se réduisent, la question surgit : jusqu’où la grande forêt d’Asie pourra-t-elle maintenir cet animal discret ? Son sort se joue là, dans les poches de jungle morcelées, sous pression constante de l’activité humaine.

Que mange-t-il et comment se comporte-t-il au quotidien ?

Par nature, le binturong est l’un de ces animaux qu’on croise rarement le jour. La nuit, il se réveille pour organiser ses repas, avec une préférence affirmée pour les figues étrangleuses dont il raffole. Ce choix lui offre un rôle clef : en digérant les fruits, il sème les graines un peu partout, participant ainsi à la régénération des forêts, à l’instar de certains mammifères frugivores comme la civette palmiste.

Mais le binturong ne s’en tient pas aux fruits. Son menu comprend aussi petits vertébrés, œufs, insectes, tout dépend des saisons et de ce que la forêt veut bien lui offrir. En captivité, les équipes veillent à lui proposer une alimentation variée, fruits frais, quelques morceaux de viande, et surtout, à stimuler sa curiosité pour éviter l’ennui alimentaire.

Ses journées s’organisent en deux temps : de longues pauses, souvent suspendu dans les arbres, et de lentes explorations nocturnes. Qu’il soit seul ou en petit groupe reproducteur, le binturong bouge sans empressement, usant de sa queue préhensile, fait rare dans sa famille, pour saisir, s’accrocher, se balancer.

Pour mieux saisir son mode de vie, voici les facettes les plus marquantes de son comportement :

  • Omnivore : il varie son régime avec une grande souplesse
  • Frugivore : il contribue à disséminer les graines et à entretenir la forêt
  • Nocturne : actif à la nuit tombée, il préfère l’ombre à la lumière

Dans les enclos bien pensés, le binturong déploie sans relâche ses talents d’équilibriste : il fouille, inspecte, prend possession de chaque recoin. On est loin d’un animal indolent : derrière la nonchalance apparente, il y a un explorateur discret et malin.

Binturong curieux sur le sol de la forêt près d

Menaces, espoirs et actions pour la survie du binturong

Le binturong figure aujourd’hui parmi les espèces signalées vulnérables. L’accélération de la déforestation, poussée par l’agriculture et l’exploitation forestière, morcelle chaque jour davantage son habitat. Les corridors naturels disparaissent, l’alimentation se complique. Il faut y ajouter les captures pour le commerce animalier ou la consommation, qui fragilisent davantage encore les populations déjà éparpillées.

Heureusement, différentes stratégies voient le jour. En France, la ménagerie du Jardin des Plantes s’engage dans un programme de reproduction paneuropéen pour préserver la diversité génétique. Des animaux comme Fifi, Bangka, Suka ou Kawan, tous nés là ou dans d’autres parcs, contribuent à renforcer les échanges et assurer la survie de l’espèce en captivité.

Des fondations telles que Pairi Daiza et l’association Play for Nature investissent aussi bien dans la sensibilisation sur le terrain que dans l’appui aux actions concrètes de préservation. Côté recherche, des spécialistes comme Pauline Kayser analysent finement le rôle du binturong dans l’écosystème forestier, notamment pour la dispersion des graines. Les documentaires et études relayés par la galerie animalière documentaire rappellent l’importance de la mobilisation collective : défense du vivant, pédagogie, suivi scientifique, rien ne peut être laissé au hasard pour préserver la place de ce mammifère unique.

Si un jour le binturong disparaissait, bien peu s’en apercevraient. Pourtant, par sa simple présence, il démontre qu’une forêt vivante ne tient parfois qu’à un fil tenu par un funambule à la queue d’acrobate. Reste à savoir si nous aurons la lucidité de garder ce fil bien attaché au grand arbre de la biodiversité.

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